L’ostéopathie pour la femme enceinte.
Maxime Johnson
Les femmes peuvent compter sur l’ostéopathie lorsqu’elles attendent un enfant. Cette « médecine complète manuelle » propose notamment de traiter de vieilles blessures non guéries qui apparaissent pendant la grossesse, et de donner au futur bébé toute la place dont il a besoin dans le ventre de sa mère.
« L’ostéopathie s’adresse à tous les problèmes de santé. Son mode d’action est qu’elle restaure les fonctions d’autorégulation du corps, » explique François Amigues, un ostéopathe spécialisé en périnatalité. Pour lui, cette médecine douce aide donc le corps à se guérir lui-même de n’importe quel problème, de la sclérose en plaques, à la rougeole, en passant par les problèmes de fécondité.
Concrètement, il s’agit entre autres d’utiliser certaines techniques manuelles pour s’assurer que tout l’organisme est bien vascularisé (que l’apport en sang se fait normalement), et que la structure du corps est conservée, puisque « la structure gouverne la fonction », comme le dit un des principes de l’ostéopathie.
« Si quelqu’un prend un coup au pied, ça structure se déforme, et le pied ne peut plus remplir toutes ses fonctions, » illustre François Amigues pour expliquer ce dernier principe.
Ces vieilles blessures qui ont modifié la structure du corps sont l’une des choses que l’ostéopathe recherche en premier chez la femme enceinte. « La grossesse, avec tous les changements physiologiques qui surviennent, est souvent l’occasion de révéler des lésions anciennes qu’il est urgent de dégager dès le premier trimestre, » explique M. Amigues.
« Parfois un truc tout bête, comme d’avoir raté une marche il y a 5 ans, met une torsion dans le bassin qui va apparaître de manière assez aiguë pendant la grossesse, et qui peut donner une sciatique, ou même des hémorroïdes à la mère, » ajoute l’ostéopathe d’origine française.
Plus tard, François Amigues essaie aussi de donner plus d’espace au bébé, qu’il juge souvent trop compressé dans le ventre de sa mère. « Les hommes et les femmes marchent beaucoup moins que lorsqu’ils étaient nomades. On a tous des diaphragmes très tendus. Énormément d’enfants se retrouvent encastrés dans le bassin de leur maman à la fin de la grossesse, » croit-il. L’ostéopathe peut donc faire de la place pour le bébé en « libérant » le diaphragme de la mère.
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Pendant les deux derniers mois, l’ostéopathe prépare finalement les femmes à l’accouchement en s’assurant de la fonctionnalité du bassin, du système nerveux, et du système hormonal, puisqu'encore une fois, beaucoup de changements surviennent en fin de grossesse.
François Amigues préconise également la présence des ostéopathes à la naissance : « Il y a tellement de facteurs présents au moment de l’accouchement qu’il se peut que l’enfant, même si la grossesse s’est parfaitement déroulée, bloque complètement à la sortie. »
« Des fois, les contractions durent depuis dix heures, et le médecin menace de faire une césarienne. On doit donc réfléchir, et rapidement trouver ce qui bloque, pour aider la dilatation, » explique-t-il avant d’ajouter que « l’objectif n’est pas de prendre la place des sages-femmes ou des obstétriciens. On est là avec un outil performant qui peut les aider dans leur travail. »
Une séance d’ostéopathie coûte environ 70 $ et dure entre trente minutes et une heure. Le suivi d’une femme enceinte peut prendre entre deux et sept séances, selon les besoins de la mère.
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