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Une maman à la maison /Chroniques Impression de la page

L’histoire d’une contraception ou plutôt une histoire d’horreur due au stérilet…
par Annabelle Gélinas

J'écris ce billet, car je crois que chaque femme devrait savoir exactement ce qui est possible d’arrivée; les pours et les contres…

Quand je me suis fait installer mon premier stérilet voilà près de 10 ans on m’avait prévenue des risques de grossesses ectopiques, de la possibilité de la stérilité, mais jamais de l’histoire qui va suivre… Et si j’avais su, les choses auraient peut-être pu se passer différemment…

Au mois d’octobre dernier, j’ai fait poser mon troisième stérilet. Le médecin qui me l’a installé n’était pas mon médecin de famille. Ce dernier avait pris une année sabbatique de bureau. L’installation du dit stérilet fut terrible. J’ai souffert comme je n’ai jamais souffert de ma vie. Je vous le dis : accoucher à côté de ça c’était pratiquement de la petite bière… J’ai eu tellement mal que j’ai fait un choc vagal. Vous savez quand vous êtes sur le poids de vous évanouir, que votre pression descend à une vitesse fulgurante. Et cela a bien dû durer une quarantaine de minutes.

Durant l’opération, j’ai pleuré tellement j’ai eu mal… Le médecin m’a dit : Je te comprends, moi aussi je fais des chutes de pression quand je suis nerveuse… reste étendu un peu ça va passer

Mais moi je suis orgueilleuse, je me suis relevée, et là qu’est-ce que je vois sur le plancher du sang? MON sang? Ben voyons, depuis quand on perd tant de sang durant la pose d’un stérilet… Mais bon le docteur semble trouver cela OK… Je me rhabille et je la rejoins à son bureau. Elle me dit : tu as vraiment un utérus très profond. Et me redonne mes prescriptions en me disant de rester un peu dans la salle d’attente parce que je suis pas mal blanche…

Dans la salle d’attente, on ne s’occupe pas de moi, et je me dis que plutôt que de rester là à faire la morte je vais aller la faire dans mon auto… Je me relève et à peine sortie des bureaux je m’écroule… je prends mon téléphone et appelle la seule personne qui saura me conseiller mon mari. Il me parle me rassure, calcule mon pouls avec moi sur la ligne, me guide pour que je puisse prendre l’ascenseur et m’envoie au petit restaurant en bas prendre une bouchée…

Après le repas, le choc vagal est parti, je peux donc reprendre la route… Malgré une douleur intense dans le ventre, je plonge au cœur de la circulation. De Brossard à Boisbriand, je n’espère qu’une chose atteindre la maison et me reposer.



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À la maison, les saignements sont encore présents, mais on voit que cela s’améliore. Le lendemain plus de saignement, la douleur est toujours là, je me dis que c’est parce qu’elle a utilisé une pince à col et que les autres fois je n’ai pas eu cela!!!

Puis deux jours après, c'est le retour des saignements … Je ne sais pas si cela fait partie des règles ou pas, car je ne me souviens plus de la dernière fois, mais je crois qu’il y a un certain corollaire. Par contre la douleur est si intense que je dois prendre des Tylenols et des Motrins en alternance aux deux heures… Je n’ai jamais souffert ainsi et la médication ne fait pas grand-chose. Encore là, je me dis que c’est suite à la pose du stérilet…

Après trois jours de menstruation et de souffrance, les saignements sont finis. Et la douleur semble vouloir partir… ouf enfin une journée de repos…

Quand tout à coup, un élancement me transperce. Tellement violemment, que je dois me mettre à quatre pattes sur le sol pour qu’il puise passer… Ça pousse comme un bébé qui voudrait naître… et pourtant je sais très bien que je ne suis pas en train d’accoucher. J’endure ces douleurs pendant deux autres longues journées … Entre-temps je fais une tentative pour toucher au fil du stérilet, mais rien! Je n’y arrive pas…

Finalement, je décide de consulter. Je me rends à l’urgence. Je m’inscris à 8h et à 16h on me dit que j’en ai encore pour plus de 4 heures et que la radiographie ferme dans une heure. Frustrée et toujours tiraillée par de violents élancements, je retourne chez moi. Le lendemain, je vais à la clinique près de mon quartier. La médecin tente de trouver les fils et n’y arrive pas. Elle m’envoie passer une échographie au privé et me dit que je vais devoir rencontre le gynécologue la semaine suivante pour me faire retirer mon stérilet. Je reviens à la maison et j’appelle pour prendre rendez-vous pour un écho dans les cliniques privées… La date la moins éloignée, c’est… 6 semaines… pfff

Je recontacte le médecin qui me dit qu’elle vient de parler à un collègue et que j’ai peut-être une rupture utérine et que je dois revenir à sa clinique chercher un billet qui me permettra de passer plus vite à l’urgence…

Je vais chercher le papier, et je retourne à l’hôpital. Cette fois-ci, je n’ai pas à attendre pour la radiographie… Il est 13h30 à mon arrivée et j’entre en radio à 13h50. C’est rapide… Il me reste maintenant à voir le médecin pour savoir ce qui se passe… Encore là, attente… … … 20h30 je le rencontre. Il m’explique, photo à l’appui, que le stérilet est dans une mauvaise position dans l’utérus… au lieu de faire un "T" il fait une flèche, et que l’on va sûrement devoir me l’enlever, mais que d’abord il va devoir aller vérifier s’il peut atteindre le stérilet… Je lui dis que je ne suis pas vraiment d’accord. Je suis tannée de souffrir. Ce que je veux c’est qu’on me l’enlève… Il insiste et demande de le faire quand même. Je finis par obtempérer, mais je lui refuse la permission de prendre une pince à col… Ce qu’il tentera de faire malgré mon désaccord, mais il devra affronter la rage d’Annabelle car cette fois-ci je suis bien décidée à me faire écouter… Avec un très profond soupir, il me dit qu’il va aller voir le gynécologue de l’urgence pour que l’on me retire le stérilet!!!

Quand il revient, il m'annonce que le gynécologue exige une radio avant tout parce qu’il pense que le stérilet pourrait ne plus être dans mon utérus (ah bon! c’est possible???) Mais le médecin sadique n’y croit pas, mais doit se plier à ma volonté et à celle de son collègue… Donc, COMME JE NE SOUFFRE PAS (ben oui! tu es dans ma peau) je dois retourner chez moi et revenir quand on m’appellera le lendemain…

Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil (PFFFFF), on me dit de me rendre en radiographie pour 7h. Et surprise, surprise; malgré deux échographies on ne retrouve pas le stérilet, il a disparu…

Là je commence à réaliser que ma douleur est bien réelle et que je ne me plains pas pour rien… On me retourne en salle d’attente me disant qu’il va falloir patienter parce que le gynécologue de service n’est pas libre. À ce moment-là, assise sur ma petite chaise inconfortable, je craque. J’EXIGE que l’on s’occupe de moi. Je prends de force une civière et là dans une crise de larmes on vient me chercher pour me conduire au médecin…

Elle tentera de retirer le stérilet (ENCORE UNE FOIS), mais sous ma demande elle arrête. Puis elle m’explique ce qui va m’arriver. On entrera une caméra par le nombril et on tentera de localiser les dommages et l’endroit ou se trouve le coquin… Elle ne sait pas ce que sera la suite… retrait du stérilet, oui, mais peut-être de l’utérus, de l’anus, des intestins… etc. Elle me demande la permission (AI-JE BIEN LE CHOIX?).

Puis on m’installe dans une chambre dans l’attente de mon intervention et enfin on me donne quelques choses pour la douleur… Les heures passent et les urgences passent avant moi. Finalement vers 19h elle vient me dire que je passerais après un monsieur qui vient d’arriver… Je demande que l’on me donne quelque chose de plus fort que du Motrin… J’ai le droit à la morphine. Je peux donc cesser de faire mon testament et dormir.

C’est finalement à 23h45 que je passe en chirurgie. On a réussi à localiser le stérilet à côté de l’anus il n’avait pas fait trop de dommage, j’ai donc encore tous mes morceaux. Et confirmation c’est à l’insertion du stérilet que tout est arrivé, elle m’a perforée en prenant la mesure de mon utérus. Mais ça, personne ne veut admettre que c’est la faute du médecin… et ça, c’est une autre histoire…

Je vais un peu mieux aujourd’hui. Je suis encore fragile, mon ventre me fait encore mal, les mouvements abdominaux et les exercices violents sont encore pénibles et cela fait trois mois que j’ai été opérée, mais je sais que je suis sur la bonne voie…

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