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Une maman à la maison /Chroniques Impression de la page

José Pelletier Gélinas

Et encore le temps qui passe !!!

La vie coule tellement rapidement, que c’est à peine si l’on voit le temps passé. Hier, c’est déjà si loin que notre mémoire commence déjà à nous jouer des tours. C’était hier que j’étais parmi vous, et aujourd’hui je reviens. Il s’en est passé des choses depuis le début de mon infidélité.

 

Dans un premier temps, j’ai changé mon nom. Eh oui ! Moi qui ne voyais aucune entrave au fait que mon prénom soit mal orthographié, j’ai succombé lorsque j’ai reçu un chèque libellé au nom de MONSIEUR José Pelletier Gélinas. C’est la goutte qui a fait déborder le vase. L’autre changement est venu d’une force attractive ; l’amour, toujours l’amour !

 

C’est ce jeu du hasard qui a fait que je vous ai largement négligé. Je ne voulais pas vraiment vous tromper, mais j’étais très occupée. Ma carrière épistolaire n’avait plus qu’une seule orientation, tenir sous le charme un adorable monsieur qui semblait vouloir partager sa mi-cinquantaine, avec la mienne. De lettre en lettre, de mot en mot, nous nous sommes séduits mutuellement et c’est ainsi qu’en août 2007 nous avons uni nos destinées.

 

Journée mémorable que le mariage de Mamie, mais pas seulement pour cela, mais aussi parce que ce matin-là, le test de grossesse d’Annabelle lui a fait un clin d’œil en lui disant : « Ça y est, tu es enceinte!» Ce qui nous a permis à tous de revivre les joies, les bonheurs et les terreurs de la grossesse… sans parler de la frénésie d’achat qui s’est emparée insidieusement de notre groupe. Faut dire qu’il ne restait plus rien, Annabelle avait vidé ses placards et moi le grenier… alors, nous avons succombé aux vitrines alléchantes, aux encarts publicitaires et aux pièges du ça nous prend absolument ça !

 

Mais ce n’est pas le sujet que je vais aborder. Pas plus que l’irrésistible charme de Noah… non ! Ce que j’ai envie de partager avec vous, c’est une vision, un délicieux souvenir qui me trotte dans la tête depuis quelques jours. De la baie vitrée du salon, mon regard plonge vers la piscine, dans laquelle glace et neige fondent lentement. Et ce que je vois, ce n’est pas le travail rebutant qu’il faudra faire pour la remise en état, mais mes merveilleux petits-enfants qui s’ébattent dans le jardin, attendant qu’elle soit enfin prête pour pouvoir s’y baigner.

 

Il y a toujours eu un bain d’enfant sur le terrain et il y a toujours ce même bain d’enfant puisque c’était celui d’Émilianne, c’est la seule chose que je n’ai pas donnée et ce n’est pas faute d’avoir essayé. C’est Noah qui va en profiter. Les premières années, on l’installait sur le patio, puis sur le gazon jusqu’à ce qu’il soit trop petit. Comme ma petite-fille grandissait, j’ai opté pour une piscine autoportante. C’est là qu’Émilianne a appris à nager. Elle se sentait rassurée, parce qu’elle pouvait toucher le fond et qu’il y avait tout de même assez d’eau pour jouer à la baleine avec Mamie.

 

Puis Charly est venu au monde et on a ressorti le petit bain, pendant ce temps, Milou et moi nous poursuivions nos jeux dans la piscine… de temps en temps, on essayait d’entraîner Charly, mais ça ne lui plaisait pas beaucoup. Il préférait se tenir sur le haut de l’échelle et retourner barboter dans le petit bain. On se disait pas grave, l’an prochain il va se décider… hélas la baleine a grossi et quand une baleine prend du poids, elle a besoin d’un plus grand tirant d’eau. Ce qui fait que l’été dernier, j’ai opté pour un autre modèle beaucoup plus grand et surtout beaucoup plus haut.

 

Vous auriez dû voir la tête de Charly quand on eu fini de la monter. Pauvre petit, il était à la fois excité et terrorisé. Naturellement, il a tout de suite adoré l’échelle… et je présume que Noah va faire la même chose… tout comme Émilianne le faisait… c’est une famille de grimpeurs que Madame Ma Fille et Monsieur Mon Gendre ont engendrée !



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Finalement, le jour fatidique est arrivé. La température de l’eau était à point, il y avait toutes sortes d’objets flottant pour se raccrocher : radeaux et spaghettis en mousse, Charly avait son maillot flottant et on avait même ressorti les tubes de bras d’Émilianne. Il a passé les deux premières journées à se tenir fermement accroché aux bords de la piscine, un spaghetti passé sous le bras. Puis graduellement il s’est risqué, à se rendre jusqu’à nous, bien agrippé à un radeau flottant.

 

De trempette en trempette, il a finalement appris à nager. Fallait voir le sourire victorieux qu’il affichait la première fois qu’il a réussi à traverser la piscine ! Tiens, je ne peux pas résister, je vous l’offre :

 

Quand je regarde la piscine, c’est à ses moments privilégiés que je pense et j’ai bien hâte à l’été pour pouvoir jouer de nouveau à la baleine avec mes petits-enfants !

 

Bonnes baignades !

 

Josée Pelletier
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