Enfin il parle !
Comme la musique est douce à notre oreille. Votre petite-fille, votre petit-fils quitte le mode babillage, qui nous a tellement plu et passe au dialogue. Miracle !!!
Naturellement, malgré certains lapsus, vous arriviez à comprendre les modulations des pleurs de votre trésor et à réagir comme il le fallait. C’est évident que lorsque l’on lui introduit une suce dans la bouche, en le serrant dans nos bras, le corps agité par des vibrations qui nous font ressembler à un immense vibrateur, nous obtenons un minimum de résultat. L’enfançon s’endort parce qu’il est complètement sous le choc de votre bêtise, ou tout simplement parce qu’il est épuisé. Parfois ça ne fonctionne pas, mais il y a des signes extérieurs qui nous parlent encore plus que lui, du genre une odeur nauséabonde qui s’échappe de ce petit être si charmant, la chaleur intense d’un liquide qui lui mouille le ventre, les fesses, les cuisses et qui laisse des traces sur votre chemisier de soie, le rejet de la suce et la recherche du téton… bref, un tas de signes qui ont beau être loin derrière nous, mais pour lesquels nous n’avons pas besoin d’un cours 101 d’interprétation.
Puis c’est la période du babillage, du genre onomatopées à associer avec un besoin, un souhait, un bien-être, une joie ou une peine.
Oui, oui je sais, ça fait des lunes, que sa mère, son père, ses frères et ses sœurs, s’il en a, décryptent sans le moindre effort, les adorables sons qui sortent de ses lèvres.
Mais vous, la grand-mère, la tendre Mamie…. vous aviez des lacunes… sans doute causées par la fréquence restreinte (parce que la vie est ainsi) de vos rencontres, absolument pas par un léger problème d’audition… tout le monde le sait, vous êtes la plus jeune Mamie du monde… bien sûr, vous vous êtes ébahie à l’unisson, lors du premier papa, maman, et le nom de votre chien, mais c’était un peu léger pour entreprendre une conversation.
Bébé vous a fait le coup du gobelet, qu’il vous tend avec un sourire en sucre à la crème, en vous disant foif ! et ô. Votre ordinateur personnel traduit par soif et eau… vous vous précipitez vers la "chantepleure", en faisant refroidir le précieux liquide, à la bonne température, après avoir fait le plein, revissez le couvercle, en vous assurant que la valve de contrôle de l’écoulement est à la bonne position, vous lui tendez son petit gobelet (avec décoration du genre Disney) amoureusement. Niet ! Bébé s’insurge, c’est pas de l’eau qu’il voulait. Il rejette le verre d’un revers de la main et éclate en pleurs. Pour vous racheter, vous recommencez l’expérience jusqu’à ce que vous ayez trouvé le bon liquide. Tout y passe, du lait, du lait au chocolat, du jus d’orange, de pomme, de poire…. Que sais-je… enfin, vous avez trouvé, il voulait du jus de raisin… C’était tellement évident !
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Après, vient la phase du signe de tête. Vous proposez des choses et il fait oui ou non de la tête. Quand vous réussissez du premier coup, vous êtes remerciée par un immense éclat d’un rire cristallin, qui vient remuer au plus profond, vos tripes de grand-mère.
Puis avec le temps, sans que l’on s’en rende vraiment compte, les mots s’installent, permettant une véritable communication. Ça vient graduellement, au rythme de chacun. Il y a des timides, des qui ont besoin d’être sûr et des verbomoteurs. Et puis un jour, on réalise que c’est avec notre petit enfant que l’on tient une conversation fort intéressante.
Cet été, j’allais reconduire Charly à la maison, après un séjour à Sainte-Adèle. En passant devant la gigantesque "chantepleure" des glissades d’eau de Piedmont, il m’a expliqué, en long et en large, durant une bonne vingtaine de minutes, comment le géant s’y prenait pour régler le débit de cette monstrueuse manette, et ce, avec un vocabulaire de choix, une logique qui analysait chacune des réponses qui franchissaient mes lèvres, trouvant les pièces manquantes à sa théorie. J’étais subjuguée ! Tellement que j’ai failli louper la sortie !
Sous le charme, je me suis rappelé que neuf mois plus tôt, mon petit homme, me répondait encore par onomatopées, les ponctuant de quelques mots. La magie de la parole l’habite et pour cela, je remercie ses parents et également la merveilleuse éducatrice qui dirige sa garderie.
Aujourd’hui, j’ai également eu une belle surprise. Milou, ma Milie-Milou, la première verbomotrice de la famille, ne joue pas seulement avec les mots, mais nous charme l’oreille, en étant la voix d’accueil du répondeur familiale et s’en tire divinement !
Et si on parlait des bons mots des enfants, ma fille appelait les abat-jour, des "chapeaux lumières"… elle n’était pas en congé, elle "congeait"…. Et vous, avez-vous de ces bons mots à partager avec nous ?
Josée Pelletier
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