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Une maman à la maison /Chroniques Impression de la page

José Pelletier Gélinas

La naissance de la "grandméritude"

Qui suis-je ? Que suis-je ? Une Mamie, une Mère-Grand, une Grand-Maman, en y pensant bien, je suis un peu tout ça, mais je suis surtout la Mamie de Milie-Milou, 9 ans, et de Charly-Chou-Chou, 4 ans.

… pas si nature que ça, parce que je ne corresponds pas tout à fait à la définition de la grand-mère. Quand j’écoute les gens parler de leur grand-mère, de La Grand-Mère, j’ai l’impression de découvrir un personnage mythique.

Une grand-mère ne gronde jamais ses petits-enfants. Une grand-mère leur donne toujours raison. Une grand-mère a toujours les bras grands ouverts, elle est toujours prête à les consoler, les cajoler… Hélas, je ne réponds pas vraiment à cette définition.

Il y a chez moi un petit côté porc-épic  qui me pousse à grogner, lorsque ces chers petits malmènent un peu trop mes valeurs. Mais ça ne m’empêche pas de les aimer d’un amour incommensurable, j’irais même jusqu’à me jeter dans la rivière, si l’un deux venait à y glisser… naturellement, je prends mes précautions lorsqu’on s’aventure sur le bord des rives et je dépose tous les objets précieux qui risqueraient d’être entraînés par le courant.

C’est étrange la façon dont  on aime nos petits-enfants. Rien à voir avec l’amour que l’on a pour la chair de notre chair. Avec le temps, je m’aperçois que je ne pose pas le même regard sur ma fille, que sur sa précieuse progéniture. Quand je les regarde, je ressens un curieux sentiment de non-responsabilité, pas totalement, mais pas aussi global que celui que j’éprouve face à ma fille.

Ma fille, je l’ai portée, caressée à travers mon ventre, chanté des berceuses, durant 9 mois. Quand cette merveilleuse enfant a, à son tour, porté le fruit de ses entrailles, je me sentais un peu dépourvue face à son ventre. Je ne voyais pas seulement la magie, mais aussi les cernes, la fatigue et tout le cortège de malaise qui nous assaille durant la grossesse. Mais Dieu merci, elle était beaucoup plus informée que moi !

Comme je vous envie, gentes dames d’avoir la possibilité de comprendre ce qui se produit. Aujourd’hui, point d’errance !!! Vous avez des accompagnantes, de la documentation, des cours et l’accès à Internet. " Dans mon temps... "Comme disait ma grand-mère, on n’avait rien de tout ça. C’est juste pour dire si le médecin voulait nous répondre, et un accès à de vagues cours où on nous apprenait la respiration du petit chien, le reste… mystère et boulle de gomme !



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On enfantait, on accouchait dans les effluves de l’éther et c’était tout ! Oui, certes, il y avait déjà les couches de papiers, des livrets de naissance et des formules lactées. Pas question de nous aider dans l’allaitement… ça dérangeait la routine des infirmières, vive le biberon… Bref, on apprenait sur le tas. Je sais bien que chaque enfant est unique, mais il y a quand même deux ou trois petites choses qui se ressemblent.

Quand ma sublime fille m’a demandé si je voulais assister à l’accouchement, je suis tombée de ma chaise ! Quoi ??? les étrangers on droit d’assister ? Pas les étrangers, maman… les parents. Si tu te souviens bien, tu es ma mère ! et c’est comme ça que j’ai pu voir le dessus de la tête de ma douce Milie-Milou.

Dieu qu’elle était petite, minuscule figurine de porcelaine, des doigts de lilliputienne et les orteils, pas plus gros que des petits pois n° 1. Toute belle, veloutée comme une pêche… naturellement, c’était le plus beau bébé du monde. C’est bien connu, c’est toujours le nôtre qui est le plus beau !

Chaque fois que je pense à cette chère petite, il me revient en image, une merveilleuse photo. Il y a ce minuscule bébé, dans les bras de son grand-père, mon défunt mari, ébahi devant cet éblouissant trésor. Tiens, je ne me retiens plus et je vous la fais partager !

Je vous l’avais bien dit qu’elle était minuscule !

Que de joies, je dois à cette enfant ! Souvenirs, souvenirs…

À cette époque, je fréquentais l’université à plein temps. Je réside dans les Laurentides, et c’était beaucoup trop loin pour pratiquer les aller-retour journaliers. Ce qui fait que durant la semaine,  je demeurais chez madame ma fille et monsieur mon gendre.

Tous les matins, vers cinq heures, ma fille venait déposer la petite dans mon lit, le temps de préparer son boire.

Dès les premiers jours, elle s’agrippait à ma robe de nuit, pour remonter le long de mon cou, en levant sa petite tête. On n’en revenait pas, sa mère et moi de voir à quel point elle était forte !

Si frêle et si puissant en même temps. Tout comme l’amour que l’on a pour nos enfants et nos petits-enfants ! Frêle, parce que nos cœurs sont faits de porcelaine et puissant parce que rien au monde ne peut détruire l’amour que l’on ressent pour eux !

Josée Pelletier
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